Standards d'acquisition des données nécessaires
à l'élaboration des indicateurs de géotraçabilité
Emmanuelle Weinzaepflen,
Fondation Universitaire Luxembourgeoise, (Belgique)
1.
Définition des standards d'acquisition des données
Selon l'ISO (International Organization for Standardization), le standard est un " document établi par un consensus et approuvé par un organisme qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats, garantissant un niveau d'ordre optimal dans un contexte donné ".
Précisons que notre exposé porte sur les standards liés à l'acquisition des données et non liés aux formats des données (interopérabilité des données).
En effet, il s'agit plus précisément de voir la manière dont les informations sont mises en place dans la source de données : échelle de saisie, unités de mesure, nomenclature, précision, fréquence de récolte, mise à jour…
2.
Intérêts des standards d'acquisition des données dans la démarche de traçabilité géographique
2.1.
Pour l'acquisition des données
Les indicateurs de géotraçabilité qu'ils soient de proximité, de milieu, événementiels ou contextuels sont calculés à partir d'une ou de plusieurs données brutes.
L'utilisation des standards d'acquisition des données est essentielle. En effet, les standards d'acquisition permettent de structurer les données provenant de différentes sources, de divers contextes, de différents niveaux de qualité d'information, de différentes échelles d'observations.
Cette harmonisation des données permettra l'échange des données entre plusieurs partenaires mais également une comparaison aisée des données utilisées pour le calcul des indicateurs.
2.2.
Pour la démarche de traçabilité géographique
Par l'utilisation de standards d'acquisition, on pourra mettre en avant des limitations dans l'utilisation des données dans un contexte bien précis.
Citons pour exemple, les données liées aux précipitations qui seront représentatives à condition qu'elles proviennent d'un pluviomètre situé au-delà d'une distance minimale définie par les standards de l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale).
Par conséquent, il est possible de distinguer des données plus ou moins fiables et représentatives et donc de décider si l'on accepte ou non ces données pour le calcul de l'indicateur. A partir de là, nous serons à même de proposer, en fonction de nos objectifs, des normes d'utilisation des données et par conséquent des normes d'utilisation de nos indicateurs (cf. figure 1).
Il est évident que lorsqu'il existe plusieurs sources d'acquisition des données, le choix se portera sur la source qui fournira la donnée la plus précise.
L'intensité des précipitations est un exemple simple. En effet, il sera préférable, pour pallier l'hétérogénéité de la distribution spatiale de la pluie, d'utiliser des radars météorologiques pour la zone étudiée plutôt que des données issues de pluviomètres.
Figure 1 : Mise en place d'un " cahier des charges " d'évaluation des indicateurs
En définitive, à partir des standards d'acquisition des données, il sera possible d'avoir une définition homogène des indicateurs de géotracabilité, ce qui est absolument indispensable si l'on veut pouvoir faire des comparaisons valables et s'autoriser des extrapolations à d'autres contextes.
Les standards d'acquisition des données permettent également une meilleure compréhension des indicateurs à tous les niveaux de l'utilisation de l'information géographique (producteurs, gestionnaires, utilisateurs).
3.
Méthodologie de mise en place des standards dans le projet GeoTraceAgri
Dans un premier temps, il apparaît indispensable de faire l'inventaire des standards et des normes qui existent pour l'acquisition des données servant à l'élaboration d'indicateurs. Cette analyse doit être comparative par secteur et par pays.
Deuxièmement, sur base de l'inventaire et des besoins spécifiques du projet GeoTraceAgri, il sera sans doute nécessaire de proposer des méthodologies d'élaboration de standards ou d'amélioration de standards existants qui soient valables à l'échelle européenne et qui soient appropriées pour les différents secteurs.
Le standard proposé (ou adapté) doit satisfaire les critères suivants : faisabilité technique, précision suffisante, acceptabilité sociale et économique.
La mise au point de ces standards se fera en concertation avec les groupes utilisateurs des différentes filières de production.
En effet, la validation des propositions des standards voire un réajustement éventuel si nécessaire est indispensable après concertation avec nos groupes utilisateurs, voire d'autres groupes d'utilisateurs. En fonction de leurs réactions, on considérera s'il y a succès ou échec. Cette démarche doit être effectuée à plusieurs reprises en procédant par essai-erreur et en améliorant au fur et à mesure le standard proposé : il faut veiller à ce qu'il y ait un feed-back permanent entre les groupes utilisateurs et la proposition de standards (cf. figure 2). En finalité, ces standards seront acceptés par tout le groupe d'intervenants.
Ces standards seront à chaque fois accompagnés d'une description détaillée expliquant comment ils ont été élaborés.
Figure 2 : Réflexion sur l'élaboration d'un standard d'acquisition
pour la conception d'indicateurs de tracabilité
4.
Conclusions
Les standards d'acquisition des données sont indispensables dans la démarche de traçabilité géographique. Ils permettent notamment la mise en place d'un " cahier des charges " des indicateurs de géotraçabilité.
Dans la réflexion de nouveaux standards d'acquisition des données, il faudra tenir compte de l'évolution des technologies telles que le développement de capteurs aérospatiaux ou embarqués de télédétection, etc…
© 2002-2003 GeoTraceAgri / IST Project 2001-34281