Indicateur sur l’évaluation de l’indice du chute d’Hagberg
Présentation de la problématique
L’indice de chute d’Hagberg est une mesure internationalement reconnue, qui sert à déterminer indirectement l’activité des alpha-amylases (enzymes dégradant l’amidon) qui peut devenir excessive dans le cas de présence de grains germés ou en voie de germination.
Des valeurs faibles de l’indice de chute d’Hagberg
signifient des niveaux excessifs d’alpha-amylase (Perten, 1964), ce
qui a pour conséquence des pains décolorés, lourds
(collants) et avec une faible élasticité et texture (Chamberlain
et al., 1982). Ainsi, un blé dont l’activité amylasique
est trop importante ne convient pas aux industries de cuisson et doit être
orienté vers l’alimentation animale.
Plus précisément, en dessous de 120 secondes, le lot de blé
est inapte à l’utilisation en boulangerie. Un indice inférieur
à 180 indique une activité amylasique parfois préjudiciable
à la panification. Cette activité est correcte entre 180 et
250 s. Toutefois, au-dessus de 250 s, le défaut d’activité
peut être aisément corrigé en vue de son utilisation
en boulangerie par l’ajout de malt ou d’amylases fongiques (Gatel
F., Martin G., 1999).
Aussi, en raison des problèmes de boulangerie associés à de faibles indices de chute, les acheteurs de blé à travers le monde demandent généralement une garantie de l’indice de chute d’Hagberg dans leurs contrats avec les fournisseurs.
La mesure de l’indice de chute d’Hagberg au laboratoire
se fait selon une méthode normalisée (norme AFNOR NF V 03-703
de septembre 1997) dont le principe repose sur la mesure de la viscosité
d’un mélange de blés broyés et d’eau placé
dans un bain-marie à 100°C.
Par ailleurs, les limites de répétabilité et de reproductibilité
de la mesure de l’indice de chute sont assez élevées
(ITCF, 2001).
Elaboration d’un indicateur d’évaluation
de l’indice de chute d’Hagberg
Objectifs
L’intérêt de la mise en place d’un
indicateur d’évaluation de l’indice de chute d’Hagberg
est double.
D’une part, la prédiction de cet indice apporte une aide pour
fixer le moment de la récolte et permet de cibler plus facilement
certains champs afin qu’ils bénéficient d’une
récolte avancée même si cela entraîne des coûts
supplémentaires pour un séchage artificiel. En effet, une
récolte retardée en raison de conditions d’humidité
et de refroidissement peut avoir pour conséquences des teneurs faibles
d’indice de chute d’Hagberg.
D’autre part, l’évaluation de l’indice de chute permet à l’organisme stockeur de classer les lots dès la récolte et donc d’éviter de mélanger des grains germés ou très germés à du blé meunier de bonne qualité.
Précisons que l’évaluation de l’indice de chute d’Hagberg permettra aussi bien à l’agriculteur, qu’aux coopératives céréalières d’avoir une anticipation des débouchés possibles pour les céréales produites et donc de leurs prix sur le marché céréalier.
Données à prendre en compte
Des résultats de travaux au Royaume-Uni ont montré
que les facteurs météorologiques peuvent expliquer les variations
annuelles significatives dans la valeur de l’indice de chute d’Hagberg
(Kettlewell and Cashman, 1997, Kettlewell, 1997). En effet, la variation
annuelle de l’activité de l’alpha-amylase et de l’indice
de chute de Hagberg peut être associée au taux d’assèchement
du grain et à l’évapotranspiration potentielle cumulée
lors du remplissage et de la maturation du grain (Kettlewell and Cashman,
1997, Kettlewell, 1997).
L’effet des températures, au cours de la phase de remplissage
et de maturation des grains, semble donc être déterminant pour
expliquer la valeur de ce paramètre.
Des températures élevées, durant la période
qui précède la maturité, peuvent en effet réduire
les périodes critiques durant lesquelles les grains restent humides
sous l’influence de conditions ambiantes défavorables en limitant
le risque de germination et de production d’alpha amylase qui leur
sont associées.
Des grains de froment qui se développent dans une atmosphère
plutôt froide auront tendance à voir leur dormance plus facilement
levée que des grains qui sont produits dans un environnement chaud,
ce qui entraînera d’autant plus facilement leur germination.
Ce phénomène est accentué par la présence de
périodes pluvieuses qui retardent encore le moment de la récolte.
Comme les périodes plus froides, au moment de la maturation des grains,
coïncident également avec des périodes pluvieuses avec
un ensoleillement réduit, il est difficile en pratique de distinguer
l’effet de ces deux facteurs sur le nombre de chute d’Hagberg.
C’est la raison pour laquelle nous allons nous intéresser aux
précipitations cumulées au cours de la période de maturation
des blés.
Ces données de précipitations sont issues du radar météorologique
installé à Wideumont (Belgique) et ont une couverture spatiale
continue sur l’ensemble du territoire d’étude.
Une deuxième donnée à prendre en compte est la variété
cultivée. En effet, les variétés ont des sensibilités
plus ou moins forte à avoir un indice de chute faible dans des conditions
climatiques idéales. Ainsi les variétés qui ont une
couleur soutenue, jaune ou brune, sont moins sensibles à la germination
alors que les variétés à grains blancs (exemple : Récital)
y sont par contre plus sensibles.
La connaissance de la variété sera disponible de manière
approximative (par groupement de parcelles) pour 2002 alors qu’elle
sera connue pour chaque parcelle agricole de la zone étudiée
en 2003, ce qui permettra de valider plus précisément l’indicateur
proposé.
L’indicateur d’évaluation de l’indice de chute d’Hagberg sera obtenu par analyse spatiale issue du croisement de ces deux couches d’informations.
Bibliographie
Chamberlain N., Collins T.H., McDermott E.E., 1982. The influence of alpha-amylase on loaf properties in the UK, Proceedings to the 7th World Cereal and Bread Congress, pp. 841-845.
Gatel F., Martin G., 1999. Que revêt la notion de qualité ?, Perspectives Agricoles, n°-250, octobre 1999, pp 5-9.
ITCF, 2001. Contrôle de la qualité des céréales et protéagineux, guide pratique, 2ème édition, pp 197-200.
Kettlewell P.S., 1997. Seasonal variation in the response of Hagberg falling and liquefaction numbers to propiconazole fungicide in wheat, Ann. Appl. Biol., 130, pp 569-580.
Kettlewell P.S., Cashman M.M.,1997. Alpha-amylase activity of wheat grain form crops differing in grain drying rate, J. Agric. Sci.(Cambridge), 128, pp 127-134.
Perten H., 1964. Application of the falling number method for evaluating alpha-amylase activity. Cereal Chem. 41, pp 127-140.
RéQuaSud, 2003. Qualité du Froment d'hiver
en région wallonne ,
Note Technique, Centre de Recherches Agronomiques, Gembloux, Belgique, 42
p.
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