La production bananière en Guadeloupe – Cadrage stratégique.
La banane est produite en Guadeloupe dans un milieu insulaire de faible superficie et fortement peuplé. Le tourisme, attiré par la variété des paysages et la qualité du milieu naturel, constitue une des activités économiques principales de l’île. Dans un tel contexte la production bananière ne peut se maintenir de manière durable sans une prise en compte de l’impact des pratiques culturales sur l’environnement. Dans ce domaine, les points les plus sensibles paraissent être la contamination des eaux de rivière par les pesticides et engrais utilisés en bananeraie et la dégradation du milieu marin (récif de corail, eutrophisation) par des apports de sédiments liés à l’érosion des terres agricoles. Les pollutions visuelles liées à l’utilisation de polyéthylène pour l’engainage des régimes sont également fréquemment mises en avant.
La production bananière aux Antilles est d’autre part de plus en plus fortement concurrencée sur son propre marché européen par la banane issue des zones dollar et ACP Afrique. Le cadre spécifique de la production bananière en Guadeloupe est celui de L’Organisation Communautaire du Marché de la Banane (OCMB), mis en place en 1996, fixant les règles du marché en fonction de la situation des pays producteurs par rapport à l’Union Européenne qui consomme environ 4 millions de tonnes de banane. La version initiale de l’OCMB a subi, sous pressions diverses, des modifications successives mettant à chaque fois en question la compétitivité des DOM antillais. Même si la dernière version (version III entrée en vigueur le 1er janvier 1999) assure par un système d’aide compensatoire à la perte de recette un prix minimum pour les productions communautaires, elle ne garantit plus l’écoulement de la production. Dans ce contexte de surapprovisionnement des marchés bananiers européens , les bananes antillaises, qui affichent une faible compétitivité (qualité moins régulière, coût de production et de mise en marché élevé, système de commercialisation moins efficace,…) sont plus difficiles à commercialiser que les bananes issues de la zone dollar.
Face à ces différents constats, la production guadeloupéenne doit rechercher des avantages concurrentiels et s’orienter de manière délibérée d'une part vers de nouveaux systèmes de production plus durables, d'autre part vers des produits de qualité. Un tel effort de différentiation et de segmentation, avec de nouveaux modes de consommation a pour corollaire une exigence de communication par le producteur vers le consommateur. Les garanties apportées aux consommateurs ne peuvent l’être qu’au travers d’un effort tout particulier de traçabilité du produit.
Pour ce faire, il importe de définir
des cahiers des charges aux divers niveaux de la filière, et de disposer
d’indicateurs objectifs et pertinents permettant de suivre les conditions
de production et de garantir le respect de ces cahiers des charges. Ces
indicateurs sont basés en amont sur des techniques de géo-référencement
des composantes du milieu et des pratiques culturales permettant de s’orienter
vers des systèmes de production certifiés valorisant la spécificité
des conditions de production.
Des outils performants doivent être élaborés à
de telles fins et mis à la disposition des divers opérateurs
de la filière, et des producteurs en particulier, qui doivent pouvoir
les considérer non pas comme des contraintes supplémentaires
imposées par le marché ou par l’administration, mais
comme autant d’opportunités d’apporter de la «
plus-value » à leur produit, la banane, et ce dans une perspective
incontournable de préservation d’une production bananière
aux Antilles.