Indicateur de qualité de fanage du foin
1. Problématique – contexte
régional
Indépendamment du problème des pertes en matière sèche
d'un fourrage qui peuvent être attribuées à des causes
mécaniques liées aux différentes opérations
de séchage et de récolte ou encore à des facteurs physiologiques
(respiration, dégradation microbienne), les conditions climatiques
durant la période de séchage peuvent également exercer
une influence sur la qualité de celui-ci. Pour un type de fourrage
déterminé, le déroulement du séchage est avant
tout fonction du rayonnement, de la température et de la vitesse
du vent et du pouvoir desséchant de l'atmosphère qui se traduit
par le déficit de saturation en eau. La pente et l'exposition de
la parcelle sont également des facteurs qui peuvent influencer la
vitesse de séchage. Dans des conditions de séchage normal,
la teneur en matière sèche d'un foin de (60 %), propice au
stockage, est atteinte après 2 ou 3 jours.
Dans ces conditions, on suppose alors que la qualité du foin produit est optimale pour des conditions de milieu ou un type de prairie donnés. La présence de précipitations durant cette période est susceptible d'allonger la période de séjour au champ avec pour conséquences un accroissement des pertes liées au lessivage des éléments solubles et aux différents travaux mécaniques supplémentaires nécessaires pour atteindre un séchage normal du foin.
De longs séjours au champ à la suite de conditions météorologiques défavorables entraînent également une perte importante de glucides fermentescibles. La dégradation par les microbes et les moisissures représente également un risque important qui peut non seulement se traduire par des pertes en matière sèche mais peut aussi entraîner par la production de mycotoxins indésirables pour l'alimentation du bétail.
Etant donné que ce qui est perdu sous différentes formes de composés directement digestibles, le séchage dans de mauvaises conditions entraîne plus de pertes en valeur alimentaire qu'en matière sèche. Ainsi par exemple, si des mauvaises conditions de séchage peuvent entraîner des pertes en matière sèche de l'ordre de 16 %. La valeur du VEM, quant à elle, peut être réduite de près de 25 % par rapport à la valeur de l'herbe au moment du fauchage.
Indépendamment de la qualité intrinsèque de l'herbe au moment de sa coupe, on comprend aisément que sa commercialisation, sous forme de foin, peut laisser apparaître des situations où la qualité ne correspond pas à la valeur attendue. La valorisation de foins de qualité différenciée dans certaines zones bien identifiées à haute diversité floristique passe par une démarche de traçabilité géographique de manière à fournir aux clients une garantie supplémentaire pour valoriser ses filières de production animale.
Cette expérience est à la base de la réflexion qui a été entamée avec le groupe utilisateur belge et un site pilote localisé sur le territoire de la commune d'Attert dans le Sud-Est de la Belgique.