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Les facteurs météorologiques

Les conditions météorologiques au moment de la floraison du froment sont déterminantes dans le risque de voir se développer la maladie. On considère en général que des précipitations fréquentes associées à une température supérieure à 16°C quelques jours avant et quelques jours après la floraison sont des conditions favorables au développement de la fusariose des épis. Parmi les différents paramètres météorologiques, la durée d’humectation, c’est-à-dire la période durant laquelle on observe la présence d’eau libre (dépôt de gouttelettes de rosée ou de pluie) à la surface des organes végétaux est probablement celui dont l’influence est la plus importante. La connaissance de ces périodes d’humectation est donc essentielle pour prévoir le développement des épidémies et mettre en place des indicateurs de risque

La durée d’humectation

La durée d’humectation peut être mesurée au moyen d’humectographes placés au sein même de la végétation. C'est malheureusement une information qui est rarement disponible dans les réseaux météorologiques. Le problème majeur réside cependant dans la spatialisation d’observations ponctuelles pour produire une information exploitable pour un ensemble de parcelles à l’échelle d’une région.

Une solution alternative pour permettre la mise en place d’un système de prévision du risque de développement des maladies applicable à tout un territoire consiste à construire des modèles capables d’estimer la durée d’humectation théorique d’une surface végétale à partir de réseaux d’observations météorologiques. Les paramètres agrométéorologiques classiques peuvent, en effet, être facilement interpolés et servir de données d’entrée à ces modèles.

L’estimation de la durée d’humectation est basée sur le calcul du bilan énergétique au niveau du feuillage ou de l'épi. Les modèles simulent le phénomène de dépôt de rosée et l’évaporation de celle-ci ou des gouttes de pluie en fonction de l’énergie disponible.

Compte tenu de leur caractère discret, la fréquence, la durée ou le total des précipitations sont des paramètres météorologiques dont la spatialisation est difficile. L’estimation d’un risque de contamination avant la récolte suppose cependant de pouvoir établir une cartographie précise des différents paramètres d’influence à une échelle relativement fine. En ce qui concerne les précipitations, des informations de ce type peuvent cependant être extraites des données issues des radars météorologiques utilisés pour décrire l’évolution spatio-temporelle des zones de précipitations.


Photo IRM


En Belgique, il existe deux radars de ce type installés respectivement à Zaventem et à Libramont. Ces deux radars, dont la portée efficace est de l’ordre de 120 km, couvrent la plus grande partie de la surface du territoire. Les données sont produites à un intervalle de temps de 5 minutes sur base d’une grille dont la taille est de l’ordre de 600 x 600 m.
Après traitement, elles peuvent être utilisées comme données d’entrée aux modèles d’estimation de la durée d’humectation dans la fenêtre de sensibilité ou la période critique de développement de la fusariose de l’épi.

A titre d’illustration , la figure ci-contre, a été générée à partir du modèle développé au CRA pour estimer en 2002 la durée d’humectation durant une période de 14 jours centrée sur la date moyenne de floraison. La figure montre clairement le contraste qui existe entre les différentes régions du pays. En raison du bilan radiatif plus défavorable, l’Ardenne et la partie est de la Belgique apparaissent avec des durées d’humectation plus longues.

Répartition spatiale des durées d'humectation simulées en 2002 pour la période (+/- 7 jours) qui entoure la date moyenne de floraison du froment d'hiver en Belgique.