Les facteurs culturaux
1. Le précédent cultural
Parmi les agents responsables de la fusariose de l’épi, F. graminearum est l’un des plus fréquents. Or, ce champignon peut aussi infecter le maïs, et survivre sur les chaumes laissés sur le sol après la culture, chaumes qui se décomposent très lentement (par rapport au froment notamment). Un précédent maïs est donc très favorable au développement de la fusariose de l’épi en froment d’hiver étant donné l’importance de l’inoculum présent au niveau du sol et son agressivité. Ce phénomène est d’autant plus important qu’il s’agit d’une culture de maïs grains par rapport au maïs fourrage puisque la quantité de résidus de culture laissée sur le sol est plus importante.
2. Le travail du sol
Le travail du sol doit aussi être pris en considération. En effet, le labour enfouit les résidus de culture, et avec eux les spores des champignons responsables de la fusariose des épis, ce qui limite le développement de la maladie sur la culture suivante. Il est important de signaler ici que cette règle n’est plus applicable pour la deuxième culture puisque dans ce cas, le labour ramène en surface les résidus de culture insuffisamment décomposés qui avaient été enfouis lors du premier labour. Il va s’en dire qu’un précédent maïs associé à l’absence de labour constitue le risque majeur de développement de la fusariose de l’épi en froment d’hiver.
3. La variété cultivée
Plusieurs gènes de résistance à la fusariose de l’épi ont été identifiés, et l’utilisation de variétés résistantes est certainement une bonne perspective de lutte. Toutefois, étant donné la multitude de facteurs qui interviennent dans le développement de la maladie, la réponse des variétés à l’infection peut être très variable d’une année à l’autre, ce qui rend difficile l’évaluation de la résistance à la fusariose de l’épi.
Sur bases d'observations réalisées pour les conditions de la Belgique, les taux de mycotoxins (DON) mesurés, au cours de ces dernières années dans les échantillons de grains permettent de classer les variétés en 3 groupes : les variétés pour lesquelles les taux moyens de DON sont en général faibles (aucune valeur observée au-dessus de 0,75mg/kg), les variétés présentant un taux moyen de DON intermédiaire proche de 0,75mg/kg et celles qui accumulent beaucoup de DON (valeurs systématiquement supérieures à 0,75 mg/kg lorsque les conditions météorologiques sont favorables.
4. Les traitements fongicides
L'évaluation de l'impact des traitements fongicides sur la production des mycotoxins est difficile à établir car il dépend très largement de l'agent de fusariose impliqué dans le développement de la maladie. Quel que soit l’agent de fusariose ou le produit utilisé, le contrôle de la maladie est d’autant plus efficace que la réalisation du traitement est proche du moment le plus favorable à l’infection, c’est-à-dire au moment où les étamines deviennent visibles. A ce stade, il est néanmoins impossible de dire avec certitude quel est l’agent de fusariose dominant dans la parcelle.
Lorsqu’un traitement fongicide anti-fusariose doit être évalué, c'est en fonction de sa spécificité vis-à-vis des agents de fusariose qui sont susceptibles de produire des mycotoxins.